Currently reading : Claude François, photographe érotique

Claude François, photographe érotique

1 February 2014

Author : jeanne-salome-rochat

 

via Le Parisien

claude1 claude2 claude3

 

Claude François était un chanteur populaire, mais aussi un photographe érotique pour son magazine de charme sous le pseudo François Dumoulin. Des clichés souvent pris dans sa chambre à Dannemois, où il terminait parfois la nuit avec les modèles. Une facette méconnue que le grand public va bientôt pouvoir découvrir au Festival européen de la photo de nu qui se tiendra en mai à Arles (Bouches-du-Rhône). C’est la surprise que viennent d’annoncer les organisateurs qui ont prévu d’exposer une quarantaine de clichés du chanteur.

Le 21 mai 1974, Claude François fonde le magazine « Absolu », publié par les éditions Du Moulin et ne laisse à personne d’autre la responsabilité de sélectionner les photos qui illustrent ce périodique de charme. Admiratif de l’Å“uvre de David Hamilton ”” qu’il a rencontré en 1972 et à qui il a pris le « truc » de mettre de la vaseline sur l’objectif pour donner un côté sucré et flou aux clichés ”” et passionné des jeux de lumière sur les peaux nacrées, Cloclo devient à son tour metteur en scène et photographe à l’occasion. Pour préserver un certain mystère, il travaille sous le pseudonyme de François Dumoulin qui sera vite éventé. En tout, il dirigera une quarantaine de séances photos, toujours accompagné par Gilbert Moreau, le photographe du magazine « Podium » que détenait Cloclo, qui se chargeait de la lumière et du cadrage. Essentiellement avec des femmes. Mais aussi quatre ou cinq hommes.

Ce sont ces clichés ”” que les visiteurs ne peuvent pas voir au moulin-musée de Dannemois (lire ci-dessous) ”” qui seront exposés en mai. « Claude François avait un souci de l’esthétique et s’était toujours intéressé à la lumière lorsqu’on le prenait en photo durant sa carrière de chanteur. C’est donc logiquement qu’il est passé derrière l’objectif, témoigne Fabien LecÅ“uvre, qui gère la communication autour de Cloclo et possède les photos de l’artiste. Comme un acteur qui passe derrière la caméra. Depuis 12 ans, il posait pour des photographes. Après, comme il aimait les femmes, ce n’est pas un hasard s’il s’est essayé au nu. Mais sans jamais verser dans le vulgaire. »

Des modèles qui ne le connaissaient pas ou pas trop

Le moulin de Dannemois est le théâtre de la plupart de ses séances. « Parfois il allait aussi dans son appartement à Paris, ajoute LecÅ“uvre. Ou dans l’hôtel de la porte de Sèvres (XVe), qui avait un ascenseur bulle en extérieur. Il y a eu aussi quelques photos prises dans la maison en Normandie de son ami Gilbert Moreau. » C’est d’ailleurs avec son ami photographe que Claude François met en scène ses ambiances particulières, dans sa chambre, au bord de la piscine et sur son lit. « La plupart des mannequins qu’il recrutait par agences étaient étrangères, Suédoises, Danoises, Anglaises… Cela lui permettait de tomber sur des modèles qui ne le connaissaient pas ou pas trop. Donc de faciliter son travail. »

Les séances duraient en moyenne une après-midi entière. Rien que pour régler la lumière, Claude François prenait parfois jusqu’à deux heures. « Les reportages s’étalaient de 15 heures à 22 heures, reprend Fabien LecÅ“uvre, qui a vécu cette période. Il ne couchait pas chaque fois avec les filles. Mais cela est arrivé. Certaines me l’ont confirmé. Mais c’était après le travail. Le shooting excitait les deux parties et ça se finissait au lit. »

Cloclo a reçu des pressions

Mais très vite ces photos sensuelles nuisent à l’image du chanteur populaire à midinettes. « Le ministère de l’Intérieur l’a d’abord obligé à vendre le magazine sous sachet, pour que ses fans ne le feuillettent pas dans les librairies, assure Fabien LecÅ“uvre. Claude François a été convoqué au commissariat pour ça. » Les parents de fans se plaignent. La polémique enfle. Le président de la République Valéry Giscard d’Estaing lui-même s’en mêle. « Sa femme Anne-Aymone était fan de Cloclo, affirme Fabien LecÅ“uvre. VGE a donc demandé à son gouvernement de le laisser tranquille. » En remerciement de ce coup de main, Claude François est venu chanter à l’arbre de Noël de l’Elysée le 17 décembre 1975.

« Mais les ennuis ont continué, Cloclo a reçu des pressions. Les paroliers ne voulaient plus collaborer, il a senti que cela pouvait mettre en danger sa carrière de chanteur, alors il a immédiatement tout stoppé », indique Julien Lescure, le gérant du moulin-musée de Dannemois, qui dispose de notes de services et de courriers de la star. Claude François doit se résoudre à céder totalement son journal érotique le 31 mars 1976. Mais les clichés érotiques se retrouvent aujourd’hui à nouveau sous les projecteurs. Plus de trente-cinq ans après sa mort.

Fabien LecÅ“uvre donnera une conférence sur ce côté méconnu de Claude François le vendredi 9 mai à 18h30 à Arles, à l’occasion de l’ouverture du Festival européen de la photo de nu.

http://www.fepn-arles.com/

claude françois



Related articles